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RDC : Sans secours, ni recours une femme pygmée morte dans une marche Pacifique à Beni-Oicha

RDC : Sans secours, ni recours une femme pygmée morte dans une marche Pacifique à Beni-Oicha Featured

Sans secours, ni recours, suis morte dans la cour.

Femme pygmée, c'était moi,

J'étais dans un camp après avoir fui chez moi,

Déplacée de guerre, c'était ça ma nouvelle identité.

Personne ne pouvait m'assister dans cette cité.

Dans cette école, on vivait comme des enfants sans parents.

Le malheur ne Vient pas seul comme disent certains ;

Seulement trois semaines après, la situation que j'ai fuie dans la brousse me retrouve ici.

Je me suis déplacée de chez moi à cause de l'insécurité,

Encore la mort m'y retrouve par ce qu'il y a ceux-là qui, en pleine journée, dénonçaient l'insécurité.

Je n'ai pas mérité cette mort,

Pendant que vous étiez en train de jeter des pierres sur les policiers et militaires, moi je me cachais dans une salle de classe,

Quelques minutes après, j'ai décidé de sortir pour voir comment ramasser les bois et préparer quelque chose à mettre sous la dent.

J'étais encore dans la cour, un policier m'a aperçu, il m'a considéré comme sa nouvelle cible, comme s'il avait contre moi une dent,

Après avoir tiré trois balles qui m'ont raté, il a tiré une quatrième qui m'a atteint par la tête,

Je suis morte sans secours.

J'apprends qu'il y a ceux qui disent que c'est une balle perdue qui m'a atteint,

Non,

Ce policier m'a tué volontairement,

Je ne sais pas ce qu'il gagne après avoir tué une femme pygmée que j'étais,

Mes enfants restent orphelins dans un camp de déplacés,

Mes proches restent inconsolables, les espoirs viennent de se casser,

On craignait la mort dans la forêt, elle nous croise aujourd'hui dans la cité.

On craignait l'arrivée des rebelles dans la forêt, le policier me tue la journée dans la cité.

Je ne veux pas qu'il soit impuni ce policier comme ceux de la forêt,

Après avoir tué une innocente pygmée, qu'il soit poursuivi par la justice qui œuvre dans la cité.

J'étais une pygmée sans abris,

En plein jour, l'on me tue comme si j'étais une menace pour cette société.

Précocement, je pars dans l'au-delà,

Malheureusement, Ceux et celles qui m'étaient chers, je ne le verrai plus,

Ils étaient dans la rue en train de réclamer leur droit, moi j'étais ici au camp à l'école primaire Mwangaza en train d'écouter le crépitement des balles,

Vous êtes venus vers moi,

Et vous vous êtes décidé de me tuer.

Mon souhait est unique, que pareille chose ne soit plus faite à l'endroit de mes frères et sœurs qui sont restés.

La Vie est sacrée, chez moi cela n'a pas été considéré.

La vie est précieuse, chez moi cela a été classé dans les oubliettes.

La vie est voulue par tous, vous m'avez ôté la mienne.

Je me repose d'aures-et-déjà.

La femme pygmée tuée par balle à Oicha chef-lieu du territoire de Beni ce lundi 19 août 2019.

Communication CRDH/Prince Bagheni depuis Oicha

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