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LETTRE OUVERTE NUMÉRO 1 À MONSIEUR FÉLIX TSHISEKEDI TSHILOMBO, ACTUEL PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

LETTRE OUVERTE NUMÉRO 1 À MONSIEUR FÉLIX TSHISEKEDI TSHILOMBO, ACTUEL PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Featured

OBJET: Problématique du Génocide dans la region de Beni en province du Nord-Kivu.

Monsieur le Président,

Depuis votre prise de fonction il vient de se passer à Beni 12 attaques attribuées aux présumés ADF, attaques qui ont causés la mort de 21 civils et 24 autres portés disparus.

Jusque-là aucun message de condoléance de votre part, aucune action rassurante venant de votre part sur la situation sécuritaire désastreuse de Beni. La seule fois où vous avez parlé officiellement de Beni, c'est lors de la réunion de sécurité du 18 Février 2018 dans laquelle vous avez émis les vœux de rencontrer les notables de Beni- Butembo-Lubero pour statuer sur la situation sécuritaire dans cette partie du territoire National.

 Pour rappelle, c'est depuis plus de 4 ans qu'un génocide silencieux et lâche des Nande est en cours dans la région de Beni précisément (en Beni ville et territoire) au Nord-Kivu. 

Après toutes ces années, il est inadmissible qu'on en soit toujours à la recherche de la compréhension de ce qui s'y passe pourtant on a des services des renseignements civils, militaires et policiers qui devraient éclairé l'opinion nationale et internationale sur le drame de Beni.

 En vertu du principe de la continuité des services publics de l'Etat, vous devriez simplement consulter le rapport de remise-reprise de votre prédécesseur, échanger avec le ministre de la défense nationale, monsieur ATAMATABE et les responsables de l'armées ainsi que des services de sécurité pour vous imprégner de l'état de lieu de la situation avant de prendre le taureau par les cornes.

Avec votre prédécesseur Joseph Kabila Kabange, il y a eu plusieurs consultations et dialogues sociaux qui n'ont jamais rien fait évolué positivement la situation sécuritaire dans la région de Beni à part les consommations inutiles de l’argent des contribuables congolais. Sans pour autant dire que ces consultations seront une perte de temps nous voudrions vous faire savoir que la vérité sur ces massacres (génocide) de Beni est connue. 

La seule difficulté sur cette question vient du fait que ces carnages "s'apparentent à des crimes d'Etat". Ceux qui tuent à Beni ont été recrutés par certains officiers de l’armée Congolaise dont les noms sont cités dans plusieurs rapports (plusieurs enquêtes l'attestent y compris ceux des Nations- Unies) et plusieurs unités qui sont à Beni, pour la plupart ex CNDP issues du mixage jouent le jeu de l'ennemi. 

Pour preuve, des populations sont toujours massacrés pendant plusieurs heures  tout près des positions militaires, ces derniers se rendant fréquemment coupables de non-assistance à personne en danger aux seuls motifs qu’ils doivent attendre des ordres d’intervenir auprès de leur hiérarchie.

 Etant donné qu'il n'y a jamais eu de crime parfait, vous avez, sans doute également, récemment suivit Monsieur Mak hazukay, porte-parole des opérations Sokola 1 à Beni, avouer que l'ennemi les a d'abord infiltré avant de Massacrer  pendant plus de 2 heures des paisibles citoyens à Rwangoma en date du 07 février 2019 alors que cette zone demeure sur militarisée. «“Aujourd'hui je vous dis que ce sont les ADF qui se sont infiltrés dans nos dispositifs et qui ont commis cet acte”».

L’officier avait expliqué : “Pendant que les choses se passaient c'était un peu difficile de distinguer la menace ADF de la menace Mai-Mai parce que pratiquement les ADF sont en train de faire mouvement dans les environs, et nous étions en train de surveiller leur mouvement. Et au même moment les Mai-Mai sont sur la colline de Graben. Lorsque les choses comme ça arrivent c'est tout à fait normal qu'on puisse chercher d'abord à identifier les assaillants par rapport au mode opératoire”.

Un autre secret de polichinelle c'est que ces égorgeurs viennent toujours habillés en tenue semblable à celle des FARDC. Même après le changement de tenue suite à ce fait grave, la nouvelle tenue se retrouve toujours peu de temps après entre les mains de ces présumés "ADF".

À notre connaissance les vrais ADF avaient été quasiment anéantis par feu Général BAUMA d'heureuse mémoire avant qu'il ne meurt de façon mystérieuse à l'instar de feu Colonel MAMADOU NDALA. Ceux qui tuent les civils dans cette région seraient les éléments d`un autre groupe qui serait en collaboration avec les résudus des vrais ADF.

Pour prouver aux Congolais que votre régime  diffère de celui passé il est important de revenir sur les enquêtes des décès de ces deux vaillants officiers de l’armée régulière qui ont fait la fierté de notre armée, car tout porte à croire qu'il y aurait un lien direct entre ces décès et le début des massacres de Beni. Comme qui dirait qu'il fallait d'abord neutraliser ces "boucliers" populaires avant d'atteindre leurs protégés, les paisibles citoyens de Beni.

Dans d'autres massacres passés, plusieurs témoignages attestent que certains régiments y auraient activement participés. Des rapports voire ouvrages fiables existent. Il vous serait recommandable de les exploiter avant de déférer les personnes suspectes devant des instances judiciaires compétentes.

Un autre élément de taille dans ces massacres ce sont les déplacements des personnes "inconnues" (selon la circulaire de monsieur Julien Paluku Kaghongya, ancien gouverneur de la province du Nord-Kivu, interdisant lesdits déplacements) qui viennent vers les zones des massacres.

Monsieur le Président, à en croire aux déclarations de plusieurs victimes, ceux qui tuent parlent notamment kinyarwanda, Kiganda y compris d'autres langues bien-sûr.

Il faut une enquête sérieuse et sans complaisance sur les massacres de Beni puisque, lorsque les emballages rwandais sont retrouvés même sur les cadavres des présumés ADF tués par les éléments de l’armée régulière, nous ne pouvons pas conclure autrement surtout que le mode opératoire des assaillants ressemble celui utilisé lors du génocide rwandais (Ces emballages en carton sont connus pour être utilisés au Rwanda. Ils ont été retrouvés sur les corps des assaillants tués lors de l'attaque du 26 février 2019 à Mavivi, près de Beni).

Par ailleurs, il vous souviendra que ceux qui ont récemment sollicité le partage administratif de la province du Nord-Kivu ont affirmés que si les Banande acceptent cette division de la province, ces massacres prendraient fin. Ces personnes sont bien identifiées et ne sont inquiétées par personnes alors que suite à leurs déclarations elles sont également suspectes.

De tout ce qui précède, au niveau de la CRDH nous vous suggérons:

1. De déplacer tous les militaires ex-CNDP  de Beni et de la province du Nord-Kivu. Suite à l'accord du 23 Mars 2004 qui est contra legem ces militaires doivent cesser d'être une armée dans l'armée. L'Armée est Nationale et non provinciale moins encore tribale. Il faut absolument décréter la nullité de ces accord;

2. Déplacer tous ceux qui ont fait plus d'une année dans les services des renseignements à Beni-Butembo-Lubero;

3. Suspendre le déplacement des personnes inconnues vers Beni et la province de l'Ituri avant de les identifier un a un avec leurs provenances et Nationalités;

4. Démettre de leurs fonctions tous les officiers suspects ou cités dans différents rapports (rapports des experts des Nations-Unies, GEC, Amnesty International, HRW...) avant de les mettre à la disposition de la Justice Nationale ou internationale;

5. Donner feu vert pour une enquête internationale sur les massacres de Beni ville et territoire ;

6. Reconnaître ces massacres comme génocide du peuple Nande et assurer une protection particulière à ce peuple menacé d'extermination sur leur sol et dans leur pays pourtant gouverné ;

7. Décréter la zone du "Grand-Nord"  de province du Nord-Kivu comme zone sinistrée et suspendre pour une période assez longue le paiement des plusieurs impôts et taxes, le temps pour la population de se reconstituer;

8. Enquêter sur la source de provenance des ravitaillements militaires de ces présumés ADF qui souvent s'assimilent aux éléments de l'armée républicaine FARDC suite à leur façon de s'habiller ;

9. Renforcer en hommes et en matériels les éléments FARDC qui sont au champ de Bataille dans la région de Beni pour y imposer la paix, sécurité et restaurer l'autorité de l'État ;

10. Remplacer l'ancienne équipe du haut commandement militaire de la RDC qui a jusque-là échoué à restaurer la paix et sécuriser la population congolaise dans plusieurs coins du pays malgré tous les moyens matériels et financiers que l'État congolais a toujours mis à sa disposition ;

11, Impliquer d'une manière concrète et précise la SADC dans les actions du terrain pour résoudre la crise sécuritaire de Beni;

12. Impliquer l'Ouganda dans les actions militaires contre les présumés Adf d'autant plus que les Adf, alors les vrais sont de l'origine ougandaise ;

13. Mettre en place un mécanisme bilatérale de suivi des actions militaires contre ceux qui massacres la population à Beni entre l'État congolais et l'Ouganda;

14. Dépolitiser la crise sécuritaire de la région de Beni;

15. Redémarrer sous une nouvelle forme les opérations militaires de traque contre les Adf autres groupes armés dans la région de Beni, auteurs des plusieurs exactions contre les populations civiles.

En appliquant ces recommandations, vous pouvez bien résoudre le problème sécuritaire de Beni qui est devenu casse-tête pour la population de la région et un fonds de commerce pour certains qui sont dans l'armée, les services de renseignements et au sein même de la justice militaire au détriment de la république et de la population victime. Il est vrai que certains s’enrichissent dans cette histoire de Beni ; Nous dénonçons avec véhémence cet enrichissement sans cause sur les sangs des innocents.

Fait à Séoul, Corée du Sud, le 28 février 2019

Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi

Initiateur et Coordonnateur National de la CRDH

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