mardi 25 février 2020 | Login
Interview choc de maître Jean Paul PALUKU NGAHANGONDI, Coordonnateur national de la CRDH, avec un envoyé spécial de La prunelle rdc.info, sur la recrudescence des massacres de la population dans la région de Beni, Province du Nord-Kivu en RDC.

Interview choc de maître Jean Paul PALUKU NGAHANGONDI, Coordonnateur national de la CRDH, avec un envoyé spécial de La prunelle rdc.info, sur la recrudescence des massacres de la population dans la région de Beni, Province du Nord-Kivu en RDC.

  BENI: “pourquoi ils appuient sur l’accélérateur de la violence à la veille des élections?” s’interroge Me JP Paluku Ngahangondi (Interview)

Les réactions se multiplient après le dernier massacre de BENI le samedi 22 septembre 2018, faisant plus ou moins 20 morts. Au cours d’une interview exclusive un envoyé spécial de Laprunellerdc.info à BENI (Lprdc), Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi (JPN) coordonnateur national de l’organisation de défense des droits humains CRDH (Convention pour le Respect des Droits Humains) s’insurge à son tour contre ces massacres, qui rappelle-t-il, durent depuis 4 ans déjà.

Au cours de cet entretien, monsieur Paluku dit ne pas comprendre l’incapacité des forces gouvernementales à pouvoir mater ce groupe, dont les ressources humaines et logistiques ne relèvent pas du domaine professionnel. Par ailleurs, Me Jean-Paul Paluku s’interroge sur l’occurrence de ces évènements macabres à l’aube de la tenue des élections. Interview

Lprdrc.info : Vous avez suivi et vécu les derniers événements de BENI, quelle est votre première réaction ?

 JPN: Je suis complètement déçu et choqué au même moment puisque c’est anormal que l’ennemi qu’on a toujours chanté être en train de combattre dans les profondeurs de la région de Beni, atteigne le centre-ville en pleine la journée pour exécuter gratuitement la population civile sans être contraint par les forces armées de la République. Ce qui choque est que, c’est du côté où l’ennemi est sorti pour venir commettre le massacre en ville, où l’État-major général des opérations militaires Sokola1 est installé notamment à 5 Kilomètres de la Paroisse Saint Gustave de Paida. Nous avons 3 généraux là-bas mais incapables de sécuriser la ville. L’ennemi est retourné par la même piste qu’il a utilisée pour atteindre la ville sans être inquiété. C’est quand même curieux.

Lprdc: Comment expliquez-vous, en tant que défenseur des droits de l’homme cette résurgence de l’insécurité dans la région de Beni

 JPN: Je suis tenté de tomber dans l’erreur de croire que ces bandits sont utilisés pour empêcher la tenue des élections dans ce pays puisqu’à mon humble avis si ça continue, le pouvoir de Kinshasa qui est en train d’organiser ces élections en contre cœur aura des prétextes pour justifier la non tenue des élections au motif qu’une partie de la République est en feu et que entre les élections et la paix le choix est clair. C’est ma façon de voir les choses surtout qu’avec la capacité élevée de notre armée, je ne pense pas qu’un groupe d’une centaine des bandits dont la majorité est constituée des femmes est des enfants porteurs des machettes, haches et quelques armes à feu  seulement selon les témoignages que nous recevons régulièrement auprès des rescapés, puisse défier toute une armée républicaine et la force Onusienne pendant 4 ans avec tous les moyens logistiques qu’elles ont? C’est quand même curieux. Ces bandits seraient en train de jouer deux rôles à la fois, notamment celui d’occuper notre terre de force à travers ces actes horribles de terreur mais aussi empêcher la tenue des élections. Posez-vous la question pourquoi ils appuient sur l’accélérateur de la violence à la veille des élections ? Il y a anguille sous roche!·

Lprdc: Croyez-vous à la thèse ADF Nalu ou à celle « complotiste » notamment évoquée avec la sortie médiatique de certains acteurs sociaux et politiques congolais au lendemain des derniers massacres ?

 JPN:  Pour répondre à cette question, je vous renvoie à ma publication du 24 Septembre 2018, le site web de notre organisation Crdh (www.crdh-drc.org). J’ai quand même donné l’origine des Adf, évolution et la source de la thèse sur la présence des islamistes djihadistes dans la région de Beni.”

Un article que vous pouvez retrouver ici : http://www.crdh-drc.org/droits-humains/denonciations/item/592-beni-massacres-d-ou-est-venue-la-these-islamistes-attribuee-aux-massacreurs-de-la-population-de-beni.html.

Lprdc: Est-il possible de mettre fin à la crise de BENI et d’aspirer définitivement à une paix durable. Si oui, quelles sont les solutions que vous proposez ?

  JPN: C’est possible, tout dépend de la volonté politique des dirigeants de la RDC et surtout le commandant suprême des forces armées de la république. Le problème de Beni n’a pas deux solutions, il n’y a qu’une seule solution : les frappes militaires. Là il faut amener la guerre à l’ennemi ( Offensive) et non répliquer seulement aux attaques de celui-ci comme c’est le cas aujourd’hui avec les opérations militaires qui sont en cours (Défensive). L’opinion doit savoir qu’à Beni, toutes les déclarations des autorités politicoadministrati­ves et militaires à propos de traque des Adf est maïmaï ne sont que des scénarios politiques, il n’y a rien sur terrain comme opération militaire. Les unités sont là mais réagissent seulement aux provocations des ennemis, aussitôt ceux-ci, reculent, l’armée régulière croise encore les bras. Voilà la réalité sur terrain. Malheureusement les responsables de l’armée et les autorités du pays ne veulent pas entendre des vérités pareilles puisqu’ils savent en quoi cette aventure de Beni profite à eux, je dénonce!

Lprdc: Comment vous évaluez la réponse du gouvernement par rapport à tous ces événements ou comment vous analyser la communication des autorités congolaises autour de ce qui se passe à Beni

 JPN: La réponse du gouvernement est médiocre, le gouvernement s’en fout de nos vies. Combien de fois le pouvoir a empêché les contrôles parlementaires sur cette question ? On dit que c’est un secret de défense. A quoi un parlement qui n’a pas le pouvoir de contrôler l’exécutif et les services de l’État nous est utile ?  Nous les vulgaires nous analysons autrement ce comportement des autorités de Kinshasa. On dirait que l’action parlementaire dans ce secteur va nuire à leurs intérêts.

 Lprdc: Enfin Me, est-ce que l’espoir est permis et quel est votre dernier message ?

 JPN: Avec ce gouvernement qui joue à la politique de la terre brûlée,  je n’ai aucun espoir, nous devons secouer sur le plan régional et international pour qu’une solution soit vite trouvée.

Plus de 2000 personnes tuées, 1685 portées disparues depuis le 2 octobre 2014 c’est trop. L’espoir est permis dans la mesure où l’on voit la moindre volonté politique des dirigeants de Kinshasa. Je pense bien qu’une enquête internationale est nécessaire dans cette histoire pour établir les responsabilités. Nous nous battons pour ça et nous espérons que Dieu va bénir les démarches que nous, enfants de cette région sacrifiée par le pouvoir de Kinshasa sommes en train de mener, tôt ou tard les gens répondront. La Communauté régionale et internationale doit s’impliquer, l’État Congolais manifeste une attitude suspecte sur ce qui se passe à Beni. Savez-vous que depuis le début de ces massacres, le 2 Octobre 2014, aucun deuil national n’a été organisé par le pouvoir de Kinshasa ? Pour ce pouvoir ceux qui meurent à Beni n’ont aucune valeur n’est-ce pas?

Propos recueillis par notre envoyé spécial dans la Région de Beni-Butembo

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