jeudi 23 mai 2019
RDC-NORD KIVU: La localité de Mamové  attaquée ce dimanche par les présumés rebelles ougandais de l'ADF.

RDC-NORD KIVU: La localité de Mamové  attaquée ce dimanche par les présumés rebelles ougandais de l'ADF. Featured

 La localité de Mamove +_15 km au Nord-Ouest de la commune rurale d’Oïcha chef-lieu du territoire de Beni a été sous les coups de feu depuis 04 heures du Matin de ce dimanche 24 février 2019.

Les armes lourdes et légères ont été entendues dans cette localité située dans le groupement Batangi Mbau, secteur de Beni- Mbau en province du Nord-Kivu pendant plus au-moins 4 heures de temps. Pendant les affrontements, les populations ont été obligées de s'en fermer dans leurs maisons craignant pour leur sécurité.

D'après une source de la CRDH sur place, le bilan provisoire de l'incursion des présumés ADF à Mamove fait étant de : 

  • 2 civils tués dont monsieur Mumbere Kanduvula et un autre homme déplacé de Mavivi qui, notre service de monitoring travail pour son identification;
  • Des chèvres, poules et plusieurs biens de la population emportés;
  • Plus d’une vingtaine des maisons dont des boutiques et maisons habitations systématiquement pillées et rendues en cendres ;
  • Un pavillon du centre de santé de référence brûlé ;
  • Quelques civils dont les membres de la CRDH sur place continuent à identifier portés disparus. 

La même source signale que les populations ont suffisamment alerté l'armée congolaise à tous les niveaux bien avant les drames. Mais rien n’a été fait pour empêcher cette aventure criminelle œuvre des soi-disant ADF. « C'est un sentiment de déception cher coordonnateur. On nous a toujours demandé de collaborer avec notre armée. Nous remplissons la part de notre responsabilité mais du côté de cette armée on constate une sorte de négligence. Avec ce qui vient de se passer à Mamové aujourd'hui, il y a lieu de conclure sans doute que l'armée les a tout simplement laissé le temps de se ravitailler en médicaments, vivres et autres. C`est du pure théâtre auquel nous assistons ici », déclare notre source sur place.

La Convention pour le Respect des Droits Humains(CRDH), regrette de constater que, depuis l'attaque de cette même entité par les mêmes présumés Adf en date du 11 février 2019, aucune mesure efficace n'a été prise par l'armée pour protéger les civils et leurs biens. La preuve est que, l'ennemi a encore foulé ses pieds en toute quiétude au centre où, il a opéré comme dans une zone conquise au point de brûler des maisons d`habitations, des maisons de commerces et un pavillon du centre de santé après avoir innocemment tué deux civils.

Apparemment, la non-assistance aux personnes en danger n'a jamais été une infraction dans le monde militaire congolais sauf chez les civils. Sinon, avec tout ce qui se passe dans la région de Beni depuis 2014 jusqu'à présent, nombreux parmi les officiers FARDC seraient déjà en prison pour avoir laissé les massacres se commettre devant leurs yeux impuissants pendant que l’Etat congolais les a donnés tous les moyens nécessaires pour y faire face et garantir la sécurité de la population et ses biens sur terrain.

«Le drame qui se déroule à l’Est du pays précisément dans la région de Beni en province du Nord-Kivu n’est plus une insécurité, ou un simple conflit, mais un génocide silencieux.  Il doit être requalifié tenant compte de son ampleur et de son intensité.»

Le nouveau chef de l’Etat congolais, son Excellence Felix Tshisekedi Tshilombo a convoqué récemment les notables de la communauté Nande vivant à Kinshasa pour statuer sur la problématique de la situation sécuritaire de Beni qui a déjà couté la vie à plus de 3000 personnes civiles, victimes des massacres depuis le 2 octobre 2014.

Le problème avec les notables Nande, c'est qu'ils sont majoritairement kabilistes (par intérêt) alors que l'écrasante majorité de la population Nande est profondément hostile à Kabila le président sortant. Comment espérer régler un problème en traitant avec des "représentants" qui sont en totale contradiction avec "leurs populations"?

Si les notables kabilistes étaient la solution, il y a longtemps que les massacres auraient déjà cessé. D'ailleurs, il n'y aurait même pas de massacre.

La solution aux massacres de Beni commencera lorsqu'on aura identifié clairement les tueurs, leurs parrains et leurs objectifs. Or, jusqu'à présent, tous les kabilistes continuent de mentir sur l'identité des tueurs et le rôle de certaines autorités congolaises politiques et militaires.

On va avoir quelle solution en traitant avec des gens qui refusent de dire la vérité et qui travaillent pour brouiller les traces ? C'est comme si on amenait un malade entre les mains des médecins qui refusent de faire le diagnostic. Comment on soigne un malade en refusant de faire un diagnostic ? On soigne quelle maladie alors ?

Nous pensons que la meilleure façon de mettre fin aux tueries de Beni est :

  • La dépolitisation de la situation sécuritaire de la région par les Kabilistes qui semblent avoir une haine particulière contre la communauté Nande;
  • Le remplacement de l’équipe du haut commandement militaire ayant échoué pendant tout ce temps à mettre fin aux crimes de Beni par une nouvelle équipe capable ;
  • Relever toutes les unités FARDC issues de mixages qui sont dans la région;
  • Remplacer tous les responsables des services de sécurité et renseignement incapables de fournir à l’Etat congolais des informations vraies et vérifiables sur l’ennemi et son identité;
  • Nommer un ministre de la défense nationale qui maitrise la dynamique des groupes armés à l’est du pays et capable de travailler pour l’intérêt suprême de la nation en écoutant le peuple mais aussi un compètent;
  • Mettre en place une nouvelle équipe de commandement des opérations Sokola 1, capable d’identifier clairement l’ennemi en maitrisant sa chaine de commandement, son effectif, sa localisation, ses moyens logistiques, sa base arrière, ses sources de financements et des ravitaillements militaires, ses responsables et tous ses autres collaborateurs ;
  • Renforcer les éléments de l’armée régulière qui sont sur terrain en hommes et en matériels tout en leur garantissant un traitement de qualité dans la zone de combat;
  • Redéfinir les stratégies militaires sur terrain et les adapter au mode opératoire de l’ennemie ;
  • Ouvrir les enquêtes sérieuses sur la source d’approvisionnement militaire de l’ennemi d`autant plus que, sur terrain, la confusion des tenues entre l’armée régulière et cette bande des criminels nés est une réalité.

En fin, il est possible de mobiliser l`opinion internationale pour obtenir le déclenchement d’une enquête internationale sur ces tueries lâches et barbares, l’arrestation de leurs commanditaires à Kinshasa, à Kigali, à Kampala et leurs parrains tapis dans les capitales occidentales. Il est possible de les traduire en justice et de les faire condamner à de lourdes peines, en application des lois nationales et du droit international. Cette lutte doit continuer a etre menée jusqu’au bout. Nous devons fournir d'efforts pour mettre fin à cette avanture criminelle montée pour agenouiller la population de Beni-Lubero et ravir de force sa terre.

 Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi

Initiateur et Coordonnateur nationale de la CRDH

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