vendredi 15 février 2019
RDC-VILLE DE BUTEMBO: Le combattant de la liberté Sekera Kasereka Kivasuvwamo sort de son silence dans sa clandestinité et appelle sa famille et ses proches à l’apaisement.

RDC-VILLE DE BUTEMBO: Le combattant de la liberté Sekera Kasereka Kivasuvwamo sort de son silence dans sa clandestinité et appelle sa famille et ses proches à l’apaisement. Featured

À TOUS CEUX QUI ONT PEUR POUR MOI ET QUI PENSENT QUE JE DOIS CESSER DE PARLER (FAIRE) DE LA POLITIQUE DE MON PAYS PARCE QUE JE SUIS MENACÉ

Après mon arrestation du 28/12/2018 parce que je manifestais pacifiquement dans le respect des lois de mon pays, puis forcé à la clandestinité suite aux menaces de réincarcération, j'ai reçu beaucoup d'appels de mes proches me demandant de cesser de parler de la politique de mon pays.

Avant tout, je vous remercie profondément pour la compassion et vos soutiens multiples et multiformes. Que Dieu vous comble de ses abondantes bénédictions.

Pour rappel, je suis traité comme un criminel, non pas parce que j'ai enfreint (violé) les lois de mon pays mais simplement parce que j'ai émis des opinions politiques qui ne plaisent pas à ceux qui dirigent actuellement notre pays. Mon opinion qui m'a aujourd'hui coutée (la goutte d'eau qui a fait déborder le vase) c'est le fait d'avoir dénoncé la décision injuste et discriminatoire de Monsieur NANGA, Président de la CENI (et sa suite) nous excluant du vote du président de la République et reportant notre vote des députés nationaux et provinciaux sine die (je dis sinedi parce que les prétextes qu'il a invoqués seront toujours là en Mars 2019.Il y a toujours risque de ne pas voter même en Mars).

Pour tout dire, je suis incapable de ne pas parler de la Politique de mon pays car c'est ma vocation (d'en parler et de faire). Cesser d'en parler pour moi, veux dire que je ne suis plus sur cette terre des hommes. Et comme c'est pour ma vie dont vous avez peur, je vous rappelle avec assurance que c'est Dieu qui détient notre destin. Je l'ai toujours prié avec foi (profonde assurance de la réalisation de mes requêtes), lui demandant d'obtenir que je ne meurs pas au front mais que je participe à la victoire finale de ma Nation (Peuple de la RDC). Aujourd'hui, j'ai la ferme assurance que je ne mourrais pas avant cette victoire.  Je mourrais vieux et joyeux dans mon pays  au nom de DIEU TOUT PUISSANT (AMEN).

Par ailleurs, je vous rappelle encore que ceux qui sont tués à Beni ville et territoire, ces enfants, ces mamans, ces pères des familles, ces vieilles mamans (nos grands-mères) égorgés dans leurs maisons ou champs n'ont jamais injuriés personne ni parler de politique. À d'autres termes, ce n'est pas le fait de ne pas parler de politique ou d'en parler qui nous met en danger. Nous sommes déjà en danger et dans le viseur de nos ennemis même lorsque nous sommes dociles. S'ils tuent à Beni sachez que ce n'est pas seulement Beni qui est visé,  après Beni c'est Butembo, Lubero (ils avaient déjà commencés à tuer les gens à Lubero notamment dans les agglomérations de Miriki et ailleurs mais ce sont les forces locales d'auto défense qui les avaient fait reculer). 

Vous me dites d'avoir pitié de mon épouse et de mes enfants comme si je suis un bourreau de ma propre famille restreinte quand je parle politique de mon Pays? Je souffre sérieusement et Dieu seul sait (ainsi que mon Épouse) combien je les aime tant et combien je souffre du fait de cette séparation forcée. Mais ce que je fais c'est pour, beaucoup plus, le bien des générations actuelles et surtout futures y compris mon épouse et mes enfants. Sachez que dans 10 ou 20 ans, si nous ne nous battons pas aujourd'hui pour écarter ce danger, nos enfants risqueront de vivre comme des esclaves ou étrangers dans leurs propres pays et sur la terre de leurs ancêtres.

Déjà nous, nous sommes traités des moins que rien comme si nous n'étions pas des citoyens de notre pays. Rendez-vous compte qu'il nous est seulement autorisé de parler si c'est pour faire plaisir aux dirigeants voire à nos propres bourreaux? Chaque jour nous sommes privés même de notre droit de vivre et certains pensent encore que la situation n'est pas grave!? Non cette peur ne nous mènera nulle part.  Ce qui se passe à Beni c'est en réalité un génocide contre le peuple Nande (nous avons le malheur de le voir et d'être parmi ceux qui le comprennent avant nombreuses personnes,  même parmi les victimes, qui croient encore que ce sont les "ADF" qui tuent à Beni!). Je suis de cette tribu congolaise menacée de mort. Refuser d'en parler aujourd'hui ne fait de moi une victime de moins!

Menacés d'extermination collective,  nous n'avons d'autre choix que de nous défendre ou du moins d'apprendre à nous défendre (Plus 3000 morts c'est trop et le chiffre ne cesse d'augmenter du jour au jour). Ça s'appelle légitime défense et c'est légal! 

Ça fait aujourd'hui plus de quatre ans que nous sommes égorgés chaque jour de façon cruelle et atroce dans une zone surmilitarisée (par l'armée du Pays) et sous la barbe impuissante des casques bleus de l'ONU.  Dans notre conscience collective nous savons (connaissons) qui nous tuent à Beni mais personne n'ose parler parce que " la Justice, la police, l'armée ou les services de sécurité et renseignements" sont chargés d'arrêter et de condamner toute personne qui cite les vrais auteurs de ces massacres-génocide! (une pensée à Maître Jean Paul PALUKU NGAHANGONDI initiateur et coordonnateur national de l’organisation de défense des droits humains CRDH, KIZERBO KASEREKA WATHEVWA,EMMANUEL TEMBO KALIMILI, au Journaliste professionnel CHRISTIAN MUKE, ESAIE MUSAYI KATHAVU... qui sont soit en prison soit en exil pour avoir dit la vérité sur ce génocide).

En définitive et sachons le une foi pour toute, personne, alors personne d'autre ne nous sauvera si ce n'est nous-mêmes. Ne pensons pas que ce sont les "enfants d'autrui" qui le feront. Ces enfants d'autrui c'est nous-mêmes qui devons dénoncer et chercher les mécanismes par lesquels nous sauver. Aujourd'hui que la victoire du Peuple a été sciemment volée pour pérenniser ce régime sadique qui nous tant fait souffrir, TSHILOMBO n'assurera que la continuité. Comme qui dirait que nous ne sommes pas encore au bout de notre calvaire. Savez-vous pourquoi ces gens ont peur de Martin FAYULU? C'est notamment parce qu'ils savent que sa présence à la tête de ce pays est synonyme de la fin de leurs aventures et projets diabolique! C'est pour cela que nous devons continuer à lutter jusqu'à la victoire finale! Voyez-vous la versatilité de la communauté internationale? Voyant cela vous devez vous rappeler que nous sommes seuls à mieux comprendre ce que nous voulons et à nous battre pour notre Salut. Et Dieu étant de notre côté, nous devons vaincre quoiqu'il en soi et quoi qu'il en coûte! 

De Maître SEKERA KASEREKA KIVASUVWAMO, Omwa womuyira (càd fils de la tribu NANDE/YIRA, tribu actuellement victime d'un Génocide à Beni)

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